«C’est le moment de réaliser les albums que j’ai envie de faire»

A la fois auteur, compositeur et interprète, Djamil Ahmed Ghouli vient tout juste de se lancer dans une carrière solo. Dans cet entretien, cet étudiant en musicologie, en France, nous parle un peu de sa nouvelle démarche artistique.

Après avoir été pendant une douzaine d’années un membre actif du groupe Djmawi Africa, vous avez décidé de faire cavalier seul en optant pour une carrière solo ?

Il est vrai que je suis en projet solo depuis quelques mois déjà, plus exactement depuis janvier 2016. Baptisé «Jam», mon projet musical et artistique fait référence à certains jam sessions, auxquelles j’ai eu la chance de participer respectivement à Paris, Ouagadougou ou Beni Abbas. C’est un projet que j’avais en tête depuis deux ans déjà. J’ai commencé timidement ce plan en France quand je suis parti faire mes études en musicologie. A un certain moment, je voulais réaliser ce projet et garder le groupe en même temps. Je me suis rendu compte qu’il était compliqué de défendre deux projets.

Quand on défend deux, on a envie de s’investir à fond dans les deux. Il faut avouer, également, que quand on a le même poste et la même casquette, c’est vraiment difficile de parer aux deux penchants. J’ai essayé de faire cela pendant une année, mais ce n’était pas évident. Cela a plus ou moins marché mais je n’étais pas satisfait par rapport à mon projet.

Donc, je me suis dit que cela faisait douze ans que j’étais avec le groupe Djamwi Africa et qu’il fallait me détacher. Nous avons fait plusieurs scènes nationales et internationales avec en prime trois albums. Et là je commence à dépasser les trente ans, je me dis que c’est le moment de réaliser l’album qui me tient à cœur. Du coup, j’ai prévenu le groupe une année à l’avance. La séparation ne s’est pas faite d’une manière brusque. Nous l’avons préparée pendant un an. Nous avons eu le temps d’honorer la plupart des dates de concert. Le groupe a pu trouver un autre musicien.

Je dois avouer que la séparation a été des plus dures. Pour moi, c’était beaucoup plus cette satisfaction de pouvoir faire un album et assumer sa musique à 100%. Je pense qu’il fallait se séparer. Les plus grands groupes mythiques ont eu un cycle de vie d’une moyenne de dix ans. Prenons l’exemple, des Jacksons Five ou encore des Beatles. Peut-être bien qu’on reprendra ensemble mais pour le moment, je suis à fond dans mon projet. Ainsi, c’était une envie de s’exprimer et d’assumer son projet jusqu’au bout. C’est-à-dire composer, écrire les paroles et assumer sa démarche artistique.

Parlez-nous de votre nouveau single marrant, Dinar, que vous avez présenté dernièrement en exclusivité à Alger et Annaba ?

Ce single est sorti il y a quelques jours déjà, mais le clip a été dévoilé le jour de l’Aïd El Fitr. Je me suis dit que c’était la meilleure manière de souhaiter une joyeuse fête aux Algériens. Le clip s’appelle Dinar. C’est une chanson qui parle des difficultés et des problèmes sociaux que vit la famille algérienne. Je parle de ces problèmes d’une manière humoristique. L’Algérien se reconnaîtra dans mes paroles. C’est une chanson rythmée qui donne envie d’écouter la suite. Le concept du clip est de suivre un billet de 1000 DA.

C’est- à-dire que je suis en train de jouer dehors avec ma guitare et j’ouvre la caisse pour que les gens donnent des pièces, à l’image d’un artiste de rue. A un certain moment, le billet fétiche déchiré, que j’ai posé pour qu’il me ramène un peu d’argent, s’envole. C’est là que je suis son cheminement. Il s’agit d’un titre très rythmé, découlant d’un rythme alaoui avec un esprit rock algérien. Il est important de souligner que cela a été une année très importante pour moi. J’ai réalisé un projet qui me tenait à cœur, ajouté à cela la réalisation de mes deux autres projets mon Master 2 en musicologie et un album.

Sinon à quand la sortie de votre prochain album ?

Disons que l’album est musicalement prêt. Il sortira d’ici la fin del’année en cours en France. Je vise d’autres studios avec plus de qualité et de moyens à la fois. J’ai travaillé avec des musiciens talentueux que j’ai choisis par rapport à ma direction artistique. Dans mon album, il y a de la musique africaine comme base, il y a de la chaleur algérienne dans la façon de chanter, les paroles et les mélodies et une façon très afro-jazz dans la façon de composer et d’harmoniser les musiques. J’ai invité des musiciens à m’accompagner par rapport à des styles bien précis, dont Karim Ziad à la basse ou Michel Alibo. J’ai sollicité également les frères Bonnet pour le reggae et des musiciens sénégalais pour les morceaux africains. Il y a aussi ce qui est africain, Hichem Kataoud, Mamoune et Mehdi Dalil.

Pourquoi avoir opté encore une fois pour un studio d’enregistrement français ?

Depuis le début de ma carrière avec Djamaoui, tous les albums ont été produits en France. Je suis navré de dire qu’en Algérie, il n’ y a pas de studio de qualité qui puisse accueillir un groupe de six ou sept musiciens, faisant de la musique acoustique avec une vraie batterie, vraie basse, vraie cuivre. Nous sommes obligés de chercher la qualité ailleurs.

Avez-vous d’autres dates de concerts prévus après Casablanca, Oudjda et Alger ?

On essaye avec mon manager d’organiser une tournée pour l’été. Il suffit de rester branché sur ma page facebook Djam ou encore sur mon site www.djam-djam.com pour savoir où je me produirai.

Nacima Chabani

Source: El Watan